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Obtenir un prêt est désormais plus difficile Version imprimable Suggérer par mail
Obtenir un prêt ou une hypothèque au Canada est désormais plus difficile pour les gens particulièrement endettés. C’est ce qui ressort du rapport sur la politique monétaire publié hier par la Banque du Canada. Les institutions financières ont resserré leurs conditions de crédit face aux turbulences du marché monétaire qui découlent elles-mêmes de la crise du crédit aux États-Unis, explique la Banque.

« Bien qu’elles aient suffisamment de capitaux et de liquidités pour honorer leurs engagements financiers, il reste que l’augmentation actuelle des frais de financement a conduit les banques à resserrer les conditions du crédit.

« Ce resserrement se fait sentir dans le coût, la disponibilité et les modalités du crédit accordé aux entreprises et aux ménages », ajoute la Banque, qui mentionne toutefois qu’elle manquait d’information pour mesurer l’ampleur du phénomène.

De la prudence

Reste qu’il ne faut pas généraliser, avertit Benoît Durocher, économiste principal chez Desjardins études économiques.

« Les clients qui avaient de la difficulté à se qualifier auparavant ne pourraient peut-être plus le faire aujourd’hui. Mais pour ceux qui ont un bon dossier, il n’y a pas de différence », affirme-t-il.

La prudence est de mise, a constaté de son côté Multi-Prêts Hypothèques, le plus important courtier hypothécaire du Québec.

« Les institutions vont regarder plus minutieusement l’ensemble du dossier », a constaté Lorraine Trudeau, directrice, centres de prêt.

Elles vont se pencher un peu plus sur les ratios d’endettement, le genre d’emploi, si le client est depuis longtemps dans son emploi ou encore s’il exerce dans un domaine où il y a beaucoup de mises à pied, explique-t-elle.

Prévisions révisées à la baisse

Outre le resserrement du crédit, la Banque du Canada a levé deux autres drapeaux, signale M. Durocher.

« Le ralentissement du marché immobilier aux États-Unis est plus prononcé que prévu, et le dollar canadien s’est apprécié au-delà des prévisions de la Banque, deux éléments qui nuisent à nos exportations. »

Dans ce contexte, la Banque du Canada a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2008. Le produit intérieur brut devrait progresser de 2,3 % au Canada contre 2,6 % initialement prévu.

Aussi, selon ses prévisions, l’inflation devrait retourner autour de sa cible de 2 % au cours du deuxième semestre de 2008. Dans ce scénario, le taux directeur devrait rester inchangé à 4,50 %.

√ Le taux directeur est le taux auquel les grandes institutions financières se prêtent des fonds pour une journée.

Source Journal de Montréal
 
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